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Ding, Ding, Dong

Ding, Ding, Dong, me voici devenue la petite fille qui mettait sa belle robe des dimanches, des dentelles et ses souliers vernis.

Je me suis installée sous le noyer, le soleil a tapé fort aujourd’hui, je crois que j’ai la migraine. Dans mes oreilles, le chant des oiseaux m’apparaît comme les cloches de l’église du village. Je suis en fonte et je résonne. Je suis le carillon des fêtes de Pâques.
Ding, Ding, Dong, me voici devenue la petite fille qui mettait sa belle robe des dimanches, des dentelles et ses souliers vernis. Je me retrouve au fond de ma poche au milieu des bonbons multicolores, des roudoudous et des caramels mous. La petite fille sautille sur la place de l’église et je sors de la poche de sa robe, je roule sur le trottoir, je dévale la pente et me retrouve dans le ruisseau au milieu des poissons.
Oups! Je viens de rebondir et me voici rattrapée par un jeune garçon qui se sert de moi comme d’une bille. Aie, aie, aie ! je reçois des coups de pieds. Je vole et je retombe sur le chemin. Ouf ! Je viens d’atterrir sur un arbuste épineux, au moins il ne viendra pas me récupérer, je serai enfin tranquille.
Un oiseau survole le bosquet et me voici collée sur son bec. Quel plaisir de voler, de voir de haut les jardins, les maisons et le clocher de l’église. Je deviens feuille au vent, je flotte, je tourne et je virevolte. Le soleil me donne des couleurs mordorées, les nuages quant à eux me rendent grisâtre.
Oups ! je suis en train de survoler le noyer de mon jardin, j’atterris avec délicatesse sur le front de la belle endormie. Quelle surprise, je m’éveille, je crois bien que ma migraine m’a fait tomber dans une espèce de transe.
Il faut toujours se méfier des coups de soleil de midi, et on m’avait bien prévenue qu’il ne fallait pas dormir sous un noyer, que l’ombre était nocive…
Chantal Galland