Visite de la ville

La commune de Montignac est riche d'un patrimoine historique et architectural remarquable.

Ses rues pittoresques et historiques vous invitent à découvrir les hommes célèbres, le patrimoine et l’histoire de la commune qui, parfois, rejoint l’histoire de France.

Des plaques apposées sur certains édifices vous aident dans votre visite.

 

1 – La Maison Duchêne

maison duchene face

« Peu après la Révolution française, vers 1800, l’homme de loi Jean Sclafer Lagorce fait édifier la maison Duchêne au sud de Montignac. Pour la conception de l’édifice, il fait appel à un grand architecte parisien : Jacques Molinos. Ce dernier avait été rendu célèbre par la réalisation de la coupole de la halle aux blés de Paris en 1783. D’une taille considérable pour l’époque, cette coupole reprenait les principes des charpentes à petit bois édictés par Philibert de l’Orme. Molinos, qui ne viendra probablement jamais à Montignac, répond à la demande de Sclafer en dessinant un édifice néoclassique fortement inspiré de la villa Rotonda d’Andrea Palladio. Sur un plan carré, la maison comporte deux niveaux organisés autour d’une pièce centrale circulaire abritant un escalier à deux volées desservant une galerie surmontée d’une coupole. Un portail à colonnes d’inspiration dorique et supportant un balcon, orne la façade principale. Joseph Duchêne est propriétaire de la villa entre 1862 et 1876. L’édifice portera son nom au moment de son rachat par la municipalité. La maison est alors aménagée en école ».  

Vincent MARABOUT – Mission Inventaire Patrimoine- Direction de l’Education et de la Culture- Pôle Patrimoine -Conservation du Patrimoine Départemental

La maison Duchêne, située rue du 4 septembre, abrita un pensionnat et un externat de jeunes filles gérés par la congrégation des sœurs de Nevers jusqu’en 1881.

maison duchene

Selon l’abbé J.Marquay (Montignac le Comte-1938 – Les éditions du Périgord Noir-1983), le traité de création du pensionnat stipulait que « son produit net » serait reversé aux pauvres.

« La mère Joséphine, supérieure et économe de l’établissement, relatait en 1835 un bénéfice de 2482 francs pour un chiffre d’affaires de 7733 francs ( !) ».

Un résultat que ne renieraient pas des entrepreneurs actuels !

En 1881, l’école devint laïque et républicaine.

En 1937, l’école des filles fut transférée dans d’autres locaux ; l’école maternelle resta sur place jusqu’en 2009.

2 – Le Prieuré de l’église Saint Georges

prieure

Il faut se mettre devant le prieuré bâti au XIVsiècle pour imaginer les aventures au cours des siècles d’un bâtiment construit pour un usage religieux.

Le prieuré a été bâti pour servir de chapelle à l’hôpital Saint-Jean voisin (à 30 mètres), tenu par des sœurs. Epargné par les guerres de religions, il fut ensuite l’église de la rive gauche de la Vézère. A la disparition de la chapelle de Brenac (3 km de Montignac)  il devint l’unique église paroissiale à partir de 1761.

Puis la société évoluant il fut remplacé par l’église actuelle et perdit sa « vocation » religieuse pour accueillir maintenant des expositions temporaires et des manifestations culturelles.

Un projet d’aménagement du lieu est en cours ; le Prieuré grâce à son authenticité va devenir un élément important du pôle culturel de Montignac.

 3 – Le Buste Eugène Le Roy (place Léo Magne)

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

L’ironie de la visite a placé Eugène Le Roy, anticlérical proclamé, entre la chapelle et l’hôpital géré en son temps par des sœurs.

Eugène Le Roy est devenu une figure emblématique incontournable de Montignac grâce à l’aura médiatique de son roman, porté à l’écran, Jacquou le Croquant.

D’abord soldat des chasseurs à cheval, puis aide percepteur à Périgueux et enfin percepteur à Montignac, il commence sa carrière littéraire en 1878 par l’écriture d’articles de journaux. Il publie ensuite des « Etudes critiques sur le christianisme » et enfin des œuvres romanesques dont Jacquou le Croquant qui raconte la révolte d’un petit paysan de la fin du XIXe siècle contre les injustices de son temps. Dans ce roman  le personnage de l’abbé Bonal est probablement inspiré de la vie de l’archiprêtre Noël (voir plus loin).

4 – L’Hôpital Saint-Jean

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

L’hôpital Saint Jean, édifice du XIVsiècle au charme indéniable, est un autre élément du puzzle de l’histoire des hôpitaux de Montignac.

Il était initialement destiné à secourir seulement les habitants de la paroisse Saint Georges (rive gauche) dont il dépendait. Mais un autre destin l’attendait.

En 1569, il fut incendié par les protestants.

En 1759 il s’avéra trop petit, car tenu d’accueillir désormais les malades des deux rives de la Vézère. On lui adjoignit donc le couvent des Clarisses grâce à l’aide financière des frères Bouilhac.

Au XIXe siècle il fut géré par la congrégation des sœurs de Nevers en même temps que la maison Duchêne.

Plus tard transformé en gendarmerie, il devint ensuite syndicat d’initiative puis office de tourisme et conservatoire de musique. Il abrite les bureaux et la billetterie du festival du Périgord Noir.

5 – La Rue de la Pégerie

rue_de_la_pegerie

C’est la rue la plus pittoresque du village.

Au moyen âge la rue de la Pégerie était la rue principale de Montignac.

Elle reliait aussi La Rochelle, Périgueux et Limoges à Cahors, Toulouse et Montpellier. Le quartier rassemblait les marchands et les notables. Au bout de la rue il y avait un pont. Ses vieilles maisons, pour la plupart du XIVe siècle, sont cossues. Le logement était à l’étage (belles fenêtres à meneaux pour certaines), les échoppes et entrepôts au rez-de-chaussée (arcs en ogive aujourd’hui obturés).

A remarquer au N° 1 bis une belle demeure attribuée à Jeanne d’Albret, mère d’Henry IV roi de France.

6 – Le couvent des Clarisses

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

Installées à Montignac depuis le XIVe siècle, les religieuses furent regroupées à Sarlat en 1752. Leur couvent, demeuré vide, fut reconverti en hospice en 1759 en complément de l’hôpital Saint Jean devenu trop petit.

Cet établissement fonctionna jusqu’en 1974.

Actuellement les vastes locaux accueillent la bibliothèque, la trésorerie, les activités de l’Amicale Laïque du Montignacois et des associations culturelles.

7 – Le vieux Pont

Au débouché de la rue de la Pégerie un pont permettait de traverser la Vézère.

Le premier pont fut construit vers l’an 1380 ; il  était constitué de 4 piles assises dans le lit de la rivière, reliées entre elles par des arches de plein cintre de tradition romane. En 1580, il fut brulé par les protestants soucieux de protéger leur retraite, puis réparé en 1586, et enfin emporté par la grande inondation de 1620; pendant un siècle et demi il n’y eut alors pas de pont à Montignac et la traversée se faisait par bateaux fournis par le marquis de Hautefort et entretenus à ses frais. De nombreuses suppliques furent adressées tant au Roi qu’au marquis de Hautefort mais en vain. Ce fut le prieur Pomarel qui convainquit l’intendant de Guyenne M.Boutin de reconstruire le pont ; ce dernier, propriétaire de la filature qui employait 150 fileuses des deux paroisses de chaque rive, désirait assurer la circulation de sa main d’œuvre et de ses marchandises.

La construction commença en 1768 et se termina en 1779.

En traversant le pont profiter de la splendide vue sur les maisons à pilotis en amont sur la rive droite.

8 – L’Hôtel de Bouilhac

hotel_de_bouilhac

Cette belle demeure, massive, a été bâtie au XVIIe siècle par une vieille famille de Montignac, la famille de Bouilhac ; Jean-Pierre de Bouilhac, dont les ancêtres avaient été fermiers généraux,  exerça les fonctions de juge de Montignac de 1719 à 1749. Son fils Pierre fut l’abbé commendataire de l’abbaye de Souillac et son autre fils fut médecin au service du roi Louis XV.

Les deux frères furent nommés par le roi administrateurs de l’hôpital et en devinrent les bienfaiteurs en finançant l’union des deux hôpitaux de la rive gauche (couvent des Clarisses et Hôpital Saint Georges).

L’édifice est maintenant une propriété privée.

9 – Joseph Joubert (rue de la Liberté)

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

Joseph Joubert, né à Montignac en 1754 et mort à Paris en 1824, contemporain et ami de Diderot et Chateaubriand, est le philosophe de Montignac.

Au 8 rue de la Liberté se trouve sa maison natale.

Ce ne sont pas ses fonctions de juge de paix à Montignac qui rendirent Joseph Joubert célèbre mais sa renommée comme philosophe moraliste.

À 14 ans, Joseph Joubert part étudier à Toulouse au collège religieux de l’Esquile où il enseigne lui-même par la suite, jusqu’en 1776. En 1778, il se rend à Paris où il se lie avec Louis de Fontanes et Chateaubriand, rencontre D’Alembert et devient le secrétaire de Diderot.

Joseph Joubert n’a jamais publié. À sa mort, sa veuve confie ses notes à Chateaubriand, qui en fait publier un choix sous le titre Recueil des pensées de M. Joubert en 1838. S’il reste un auteur mineur, sa pensée vaut pour la densité qu’elle sait instaurer dans des formules aphoristiques telle « la justice est le droit du plus faible » (dans De la Liberté, de la Justice et des Lois).

10 – Square Pautauberge (du nom du donateur, ancien pharmacien et maire de Montignac de 1904 à 1928)

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

Le square abrite la statue du fabuliste Lachambeaudie (né à Montignac en 1806 et mort à Brunoy en 1872) ainsi que le monument aux morts.

Pierre Casimir Hyppolyte Lachambeaudie, qui fit ses études au séminaire de Sarlat, tenta à plusieurs reprises de faire une carrière ecclésiastique mais n’y réussit pas.

Il devint un fabulistepoète, « goguettier » et chansonnier français, adepte des saint-simoniens.

A l’arrière-plan du square, sise rue du 4 septembre, une importante maison bourgeoise de style néo-classique construite par la famille Bouilhac.

11 – Le Château

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

 

Le château

Le château

Le château fait partie de l’image de Montignac.

Au Xe siècle est attestée l’existence d’une seigneurie indépendante à Montignac qui passe par mariage au comte du Périgord au siècle suivant ; au XIVe siècle Montignac est la plus forte place d’armes du comté. Les derniers comtes, Archambaud V et VI, en raison des excès de leur soldatesque  voient leurs biens confisqués par un arrêt du Parlement de Paris. En 1603 Henri IV vend la terre et le château à François de Hautefort à qui ils appartiendront jusqu’à la révolution. Le château est partiellement détruit en 1825. Il appartient aujourd’hui à un propriétaire privé. Il abrite un parc avec des essences très anciennes.

12 – L’église, Place Carnot

© Joachim Mileschi

© Joachim Mileschi

Elle a été construite probablement à l’emplacement de l’église Sainte Marie de Montignac mentionnée en 1153 dans une bulle du pape Eugène III, église qu’on appelait le Plo et dont il reste seulement la belle porte d’entrée (face Est de l’église actuelle).

L’église abrite dans son transept gauche le tableau « La mort de Saint Bruno », du peintre espagnol andalous Juan SANCHEZ –COTAN, originaire de Tolède et contemporain du GRECO dont il a fréquenté l’atelier. Ce tableau de SANCHEZ-COTAN fit l’objet d’une restauration en 2004.

Tableau de Juan SANCHEZ- COTAN « La mort de Saint-Bruno »

13 – La rue de l’archiprêtre Noël

archipretre_noel

Antoine Noël (Montignac 1752-1841) est resté comme une figure historique de Montignac dont il devint l’archiprêtre en 1790, au début de la révolution. Il a traversé, comme acteur et témoin, la tumultueuse période de la révolution.

A partir de 1791, les prêtres doivent prêter serment à la constitution civile du clergé. Ceux qui refusent sont dits « réfractaires » et persécutés. L’archiprêtre Noël prête les serments exigés par les révolutionnaires.

Fidèle à sa devise « Fal vénta dèl vént qué buffo!”  (“il faut venter du vent qui souffle”) il espère probablement affecter la soumission aux idées révolutionnaires tout en gardant ses convictions religieuses pour éviter le sort des prêtres réfractaires.

Il est dénoncé par D.Lalande commandant du canton de Montignac et jugé. Au cours de son procès il se défend avec beaucoup d’esprit mais les objets trouvés chez lui, images pieuses et autres, l’accusent.

Il est emprisonné.

Robespierre et ses complices montent sur l’échafaud le 10 Thermidor an II (28 juillet 1794) ; le 16 Thermidor, Noël est libéré sur ordre d’Élie Lacoste (révolutionnaire français né et mort à Montignac). Il exerce à nouveau le culte à Montignac et adhère au concordat en 1802. Il devient une figure locale respectée et meurt avec le titre de « curé archiprêtre de Montignac, chevalier de la légion d’honneur ».

Sa maison est au numéro 12 de la rue.

14 – La rivière et ses abords

DSC_0012

Photo_pour_article_venir_a_montignac

 

    Fichiers joints :