Site de Regourdou

Le site de Regourdou se situe au sommet de la colline où se trouve aussi la grotte de Lascaux.

Son histoire

Le site a été découvert par Roger Constant en 1955 sur sa propriété.

Devant sa maison, dans des conditions très dangereuses, il creuse dans le remplissage sédimentaire d’une cavité karstique effondrée et extrait du matériel paléontologique et des vestiges lithiques moustériens afin de créer un petit musée.

Une nuit de septembre 1957, il met au jour, dans des circonstances toujours partiellement connues, des restes humains appartenant à un jeune adulte néandertalien sans boîte crânienne (Le Regourdou 1).

Cette découverte bouleverse à jamais la vie de Roger Constant.

En janvier 1959, le site est classé Monument historique.

En 1988, Roger Constant installe dans un parc trois petits ours bruns. Ils sont quatre aujourd’hui.

regourdou5

©Patrice Rézola

Sa valeur scientifique

Des fouilles complémentaires entreprises sous la direction d’E. Bonifay au début des années 1960, montrent que le site possède de très nombreux vestiges paléontologiques et une faune dominée par les ours bruns se rapportant à un environnement tempéré et mise en place avant -70.000 ans.

Il est également riche en ossements de microfaune et de lagomorphe (lapins, lièvres) ce qui est très rare pour le Moustérien.

Le matériel lithique n’est pas très riche et se rapporte aux systèmes techniques levallois et discoïde.

Outre le squelette néandertalien, la grande particularité archéologique du gisement est qu’il laisse supposer que les Moustériens auraient aménagé des structures d’origine anthropique (pierriers, murs, fosses) associant une inhumation humaine et des restes d’ours bruns.

Des pierriers ou des fosses avec uniquement des restes d’ours bruns existeraient aussi dans d’autres couches. Pour E. Bonifay il s’agit d’un « ensemble sépulcral constituant le « monument » le plus extraordinaire du Paléolithique moyen « .

Le nouveau projet scientifique

En 2013, un nouveau projet international est initié sous la direction de B. Maureille.

Il a plusieurs objectifs et doit permettre de mieux comprendre :

  1. le complexe karstique auquel appartient le Regourdou,
  2. l’histoire de la formation et du remplissage de la cavité karstique livrant le matériel archéologique,
  3. l ’impact de l’homme de Néandertal dans cet environnement, ses éventuelles activités,
  4. l’histoire de l’individu (Regourdou 1) qui pourrait être le plus vieux néandertalien aussi bien conservé d’Europe de l’ouest.

Naturellement, les collections mises au jour entre 1961 et 1964 sont aussi ré-étudiées à l’aide de nouveaux outils et l’existence des structures anthropiques sera discutée.

Pour mener à bien ce travail, une équipe internationale d’une quinzaine de scientifiques a été constituée (qui implique l’Université de Tulane en Louisiane), un projet a également été présenté au Ministère de la Culture et de la Communication (Service régional d’Archéologie d’Aquitaine).

En 2013 et en 2014, avec l’aide d’une petite équipe de fouilleurs bénévoles, il fut d’abord nécessaire de retirer du gisement 210 tonnes de blocs de calcaire suite à un effondrement d’une partie de la paroi nord-est en 1998.

En 2015, la campagne a été consacrée à l’étude des collections, des archives personnelles de R. Constant, à plusieurs tentatives de datations absolues de restes de lapins et à la rédaction d’articles pour la revue Paleo.

L’étude et la découverte de vestiges humains dans les collections paléontologiques ont permis aussi de souligner la présence d’un second individu (Regourdou 2) représenté par un seul ossement du pied actuellement en cours d’étude.

Aujourd’hui

Visiter Regourdou c’est donc découvrir l’histoire de l’Homme de Néandertal, de ses pratiques funéraires, découvrir l’histoire de Roger Constant à une période où la Préhistoire devient professionnelle, et découvrir les comportements des ours bruns.

Le site de Regourdou a accueilli le tournage du film « Le vieil ours et l’enfant » en 2011.